Le sentiment des choses

Enel France soutien l'exposition collective dédiée à Bruno Munari qui a lieu au Frac Île-de-France/ Le Plateau de Paris, du 15 décembre, 2011 au 26 février 2012.

#« L'art est recherche continue, assimilation des expériences passées, ajoutée d'expériences nouvelles, dans la forme, dans le contenu, dans la matière, dans la technique, dans les moyens », déclarait Bruno Munari. Au designer, peintre, sculpteur, auteur de livres pour enfants, et à son univers est dédiée l'exposition collective "Le sentiment des choses" qui a lieu du 15 décembre au 26 février 2012, au Frac Ile-de-France / Plateau de Paris, avec le soutien d'Enel France. Déplaçant et déployant dans la vie quotidienne les recherches continues de Munari sur la circulation et l'instabilité des formes, des signes, des couleurs, de la lumière,
des mots, des images, il n'a eu de cesse d'allier imagination et méthode, invention logique et intuitive, au sein d'une démarche à la poursuite de l'essentialité des choses. Des premières peintures futuristes des années 1930 aux livres illisibles, des machines inutiles aux fourchettes parlantes, des xérographies originales jusqu'aux structures à haute tension des années 1990, Munari s'est joué toute sa vie avec une grande économie de moyens des catégories et des disciplines, dans une tentative de les fondre dans une seule pratique radicale et généreuse de l'art, incitant chacun à développer sa propre curiosité et créativité.

L'énergie de la pensée

Plus prospective que rétrospective, cette exposition ne cherche cependant pas tant à mettre l'accent sur son héritage ou ses influences, qu'à remettre en mouvement,
en idées et en formes, son travail au milieu d'autres pratiques artistiques. Elle réunit ainsi sur le même plan des peintures, des prototypes, des multiples, des objets design, des livres, des jeux de M. Munari, et des œuvres d'artistes de différentes générations et nationalités, partageant une attitude et un esprit animés par le jeu,
la sincérité, l'économie, la poésie.
Construire puis démonter chaque été pendant dix ans une pyramide en bois au sommet d'une montagne et attendre qu'un éclair vienne la frapper, envoyer quotidiennement des lettres collages à des amis ou à des inconnus, tenir une galerie dans son chapeau, reproduire un mouvement de caméra à l'aide de peintures abstraites, bâtir une maison sur les bases d'une conversation, réaliser des dessins muraux à l'aide d'un ballon de foot, faire des sculptures avec du fil ou à emmener avec soi en voyage sont ainsi certains des gestes et des œuvres que l'on peut y croiser.

Une exposition "en groupe"

Proposant une situation ouverte dont les détours importent davantage que la destination, où le processus et l'expérience partagée priment souvent sur le résultat, cette exposition "en groupe" suggère un frottement conceptuel et sensible de ces différentes pratiques, contemporaines et historiques, dans ce qu'elles ont de commun comme de dissonant. Des démarches individuelles ou collectives qui, dans une sorte de défiance face à la notion d'œuvre d'art comme objet fini et fétichisé, privilégient une relation subjective et fragmentaire à l'œuvre, entendue comme précaire, transitoire, multiple. On ne connaîtrait "le cœur des choses" qu'à travers les sentiments qu'elles éveillent en nous. C'est ce que formule le mono no aware, principe littéraire japonais, définissant les émotions qui naissent en nous au contact des faits et des choses comme le seul moyen d'en connaître leur substance. "Le sentiment des choses" en est une traduction possible et élusive.
Le groupe d'artistes en exposition est formé par Lenka Clayton et Michael Crowe, Isabelle Cornaro, Julien Crépieux, Robert Filliou, Martino Gamper, Ryan Gander, Mark Geffriaud, Ray Johnson, Chitti Kasemkitvatana, Cyrille Maillot, Bruno Munari, Emilie Parendeau, The Play, Bruno Persat, Pratchaya Phinthong, Chloé Quenum, Clément Rodzielski, Fred Sandback et Mieko Shiomi.